Je l’attendais vraiment le dernier Sofia Coppola, j’avais adoré Lost in Translation, sans doute un de mes films préférés, et je pèse mes mots. Un miracle de sensibilité, de finesse, tout dans ce film est superbe, Tokyo, la BO, les acteurs. Et la scène de fin… J’en ai encore des frissons, je ne peux pas la regarder sans trembler encore.
En plus, étant donné que je ne vais plus au cinéma (deux films par an contre deux par semaine il y a encore 3 ans… Personne ne vous dit que le cinoche c’est fini quand on a des nains, passons…).
Du coup, je les choisis soigneusement, mes films, je peux vous dire que je peaufine ma sélection. Je ne prends aucun risque : Almodovar, Scorsese, Woody Allen… Je m’accorde de temps en temps une “folie” du type le Nom des Gens, que je ne regrette pas d’ailleurs.
Et donc, le dernier Coppola. Le premier mot qui me vient à l’esprit est : inégal. On alterne entre des scènes d’une grande poésie, de véritables bulles de champagne, portées par le jeu tout en sensibilité des acteurs et surtout la BO de Phoenix.
Et puis c’est le néant, dans beaucoup (trop) de plans. Je comprends le message : un acteur en vue tourne en rond, sa vie est un grand vide, seule sa fille la lui remplit. Bon.
Mais est-ce qu’on a besoin de subir 10 minutes de plan fixe sur Stephen Dorff en train de boire une bière le regard perdu ? Ces scènes donnent le cafard. Peut-être que Sofia Coppola a voulu mettre le spectateur dans le même état que son “héros”. Dans ce cas, c’est réussi ! On attend qu’une chose, c’est que sa fille débarque, histoire de voir un peu de vie et de légèreté dans tout ce bourbier.
Au final, on ressort de ce film avec un goût pâteux dans la bouche, comme un lendemain de cuite, où il nous resterait des flashes éclairs surréalistes de la soirée de la veille, mais aussi un petit mal de tête.