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Somewhere entre dépression et champagne

1 fév

Je l’attendais vraiment le dernier Sofia Coppola, j’avais adoré Lost in Translation, sans doute un de mes films préférés, et je pèse mes mots. Un miracle de sensibilité, de finesse, tout dans ce film est superbe, Tokyo, la BO, les acteurs. Et la scène de fin… J’en ai encore des frissons, je ne peux pas la regarder sans trembler encore.
En plus, étant donné que je ne vais plus au cinéma (deux films par an contre deux par semaine il y a encore 3 ans… Personne ne vous dit que le cinoche c’est fini quand on a des nains, passons…).

Du coup, je les choisis soigneusement, mes films, je peux vous dire que je peaufine ma sélection. Je ne prends aucun risque : Almodovar, Scorsese, Woody Allen… Je m’accorde de temps en temps une “folie” du type le Nom des Gens, que je ne regrette pas d’ailleurs.
Et donc, le dernier Coppola. Le premier mot qui me vient à l’esprit est : inégal. On alterne entre des scènes d’une grande poésie, de véritables bulles de champagne, portées par le jeu tout en sensibilité des acteurs et surtout la BO de Phoenix.

Et puis c’est le néant, dans beaucoup (trop) de plans. Je comprends le message : un acteur en vue tourne en rond, sa vie est un grand vide, seule sa fille la lui remplit. Bon.
Mais est-ce qu’on a besoin de subir 10 minutes de plan fixe sur Stephen Dorff en train de boire une bière le regard perdu ? Ces scènes donnent le cafard. Peut-être que Sofia Coppola a voulu mettre le spectateur dans le même état que son “héros”. Dans ce cas, c’est réussi ! On attend qu’une chose, c’est que sa fille débarque, histoire de voir un peu de vie et de légèreté dans tout ce bourbier.

Au final, on ressort de ce film avec un goût pâteux dans la bouche, comme un lendemain de cuite, où il nous resterait des flashes éclairs surréalistes de la soirée de la veille, mais aussi un petit mal de tête.

Woody l’amoral

17 nov

J’ai commencé mon blog par deux coups de gueule, il fallait bien que je finisse par poster un coup de coeur, sinon j’allais bientôt être taxée de râleuse… J’ai revu Match Point de Woody Allen dimanche dernier (malheureusement en VF), et même en version française, il reste un de mes films préférés.

Ce film est d’un cynisme et d’une immoralité à vous couper le souffle, le tout filmé avec élégance et classe. Tout dans Match Point est beau : les acteurs, les décors, la ville (Londres, superbe), les appartements, la musique. Et c’est justement ce qui rend ce film si brillant : le contraste entre l’horreur du scénario et l’esthétique parfaite de la forme. Je ne dévoilerai pas l’histoire, je laisse le plaisir de la découvrir à ceux qui n’auraient pas encore vu ce grand cru de Woody Allen.

Le clou de Match Point pour moi est la pirouette finale : ainsi, notre cher Woody nous dit quasiment en plaisantant “Ahah, vous ne maîtrisez rien, le hasard détermine nos vies, le plus vil des êtres humains peut s’en sortir les doigts dans le nez pourvu qu’il ait de la chance !”. Mouais… Pas très catholique tout ça, mais tellement subversif. J’adore. Ca change des bons sentiments servis à la soupe dernièrement au cinéma.

Match Point sur Cinefil

Bonne nuit !

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